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Fiche de cours

Analyse conceptuelle et recherche en Administration Publique

Faculté de gestion: Institut de hautes études en administration publique

Responsable(s): Andreas Ladner

Période de validité: 2017 -> 2017

Pas d'horaire défini.

Cours

Semestre d'automne
26 heures par semestre

Langue(s) d'enseignement: français
Public: Oui
Crédits: 0

Objectif

Les objectifs pédagogiques de ce séminaire sont les suivants :
 Aborder des concepts, méthodes, démarches méthodologiques et résultats sous l'angle du raisonnement critique.
 De plus, à la fin de ce séminaire, les étudiant·e·s seront capables de :
o identifier l'influence du contexte, l'impact des variables omises dans le cadre d'un projet de recherche concret ;
o identifier et questionner les biais propres à une démarche, questionner la méthode utilisée dans le cadre d'un projet de recherche concret ;
o traiter d'un concept à la fois dans sa dimension théorique (éclairer le flou conceptuel des modèles) et pratique (construction et utilisation des index et indicateurs) ;
o tenir compte des influences extérieures sur la recherche et mener une analyse en termes de coûts et de bénéfices à l'aide d'un exemple concret ;
o rédiger un projet de recherche, mobilisable dans le cadre du travail de master, à l'aide des points évoqués ci-dessus.

Contenu

Introduction : présentation du cours et des modalités d'évaluation.

Présentation du fil rouge du cours : au travers des différents thèmes présentés, faisant tous l'objet d'une thèse de doctorat par les doctorant·e·s en charge de cet enseignement, les étudiant·e·s pourront acquérir les outils conceptuels indispensables à la réalisation d'un projet de recherche. Cette approche interdisciplinaire favorisera avant tout une approche critique, visant à analyser, synthétiser et évaluer l'information générée par l'observation, l'expérience ou la communication. Ce processus assure une maîtrise des éléments pertinents au processus d'argumentation.

Tout au long du séminaire, les thèmes faisant l'objet d'une recherche plus ou moins abondante dans le champ de l'Administration Publique seront exposés aux participant·e·s. Il leur sera d'ailleurs demandé d'élaborer un projet de recherche en lien avec ces thèmes. Les différents principes guidant la logique du raisonnement critique seront également présentés, ainsi que les divers champs d'application, à la lumière d'exemples concrets. La participation active des étudiant·e·s sera demandée, notamment pour discuter les différents projets présentés, lesquels feront l'objet d'un suivi assuré par les doctorant·e·s. Les premières démarches propres au design d'un projet de recherche seront présentées, avec une attention particulière portée sur le raisonnement critique, permettant ainsi d'en fonder la valeur intrinsèque et la portée pour la compréhension de l'action publique, pour les chercheurs et les praticiens (valeur instrumentale).
La présentation de cette première séance, ainsi que les modalités d'évaluation, sera préparée et assurée par l'ensemble des doctorant·e·s. Les modalités d'évaluation sont détaillées ci-dessous. Le document exigé et noté à la fin de ce séminaire peut fournir une base intéressante aux étudiant·e·s en vue de l'élaboration de leur mémoire de master.

***Séance N°1 (2ème partie) : La conceptualisation d'un phénomène : le cas de la transparence (Vincent Mabillard)

A la fois dominant dans la pratique et le discours académique, le concept de transparence fait partie de ces notions qui ne laissent guère de place à la critique, tant le terme semble s'imposer « naturellement ». Suite à la présentation du concept et des problématiques liées à son utilisation, il s'agira de prendre une certaine hauteur de vue afin d'échapper au piège dogmatique. Ce cheminement intellectuel doit permettre aux étudiant·e·s de prendre conscience des limites inhérentes et des paradoxes propres à un concept, ici la transparence. Il doit aussi permettre d'établir une classification (en fonction des définitions retenues), de construire une revue de littérature efficace, ainsi qu'un modèle conceptuel adapté.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables de comprendre le processus liant la construction d'une revue de littérature à l'établissement d'un modèle conceptuel, permettant de situer sa propre recherche ainsi que les ouvrages et articles consultés. Ainsi, cette séance doit leur permettre de questionner le degré normatif d'un concept et de creuser des pistes de recherche en fonction de leur réflexion.

***Séance N°2 : Défis contemporains de la GRH : la question de l'engagement au travail chez les employé·e·s du secteur public (Armand Brice Kouadio)

Dans la plupart des pays de l'OCDE, les secteurs publics tentent aujourd'hui de concilier au mieux les valeurs et une éthique de service public avec de nouveaux référentiels hérités du monde marchand. Dans ce contexte particulier, les employé·e·s se voient désormais tenté·e·s de redéfinir pour eux-mêmes l'identité d'agent public, soit retrouver le sens de leurs engagements au travail. Une réflexion plus globale nous pousse à interroger les nouvelles modalités de la relation d'emploi prise dans des dynamiques (publiques vs privées) a priori opposées. Au coeur de cette indétermination, c'est surtout la spécificité publique de l'engagement au travail qui est ici questionnée. Il s'agira dans ce séminaire d'aborder la possibilité de dépasser l'échelon organisationnel à laquelle la plupart des études réduisent le concept d'engagement au travail, à l'aide d'exemples concrets et observés dans le cadre de la thèse de doctorat liée à cette problématique.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s seront capables d'établir une clarification conceptuelle de la notion d'engagement au travail avec divers concepts connexes. Ce module leur permettra aussi de se familiariser avec les approches comportementales en sciences de gestion, de mobiliser une réflexion critique sur l'emploi public et ses particularités, et de comprendre les mutations à l'oeuvre dans le secteur public et leurs implications (comportements organisationnels et gestion du personnel).

***Séance N°3 : Marketing public et marketing territorial (Renaud Vuignier)

L'utilisation d'outils marketing dans le secteur public et parapublic est très répandue, et de nombreuses recherches se sont intéressées aux nécessaires adaptations de ces techniques, issues principalement de la sphère privée. Cette séance traitera du domaine particulier du marketing territorial. Ce domaine scientifique en émergence prend comme objet d'étude les stratégies développées par les territoires pour attirer et retenir diverses cibles, tels que les résident·e·s, les touristes, les investisseurs ou les entreprises. Une analyse approfondie de ces pratiques met en lumière les enjeux politiques, stratégiques et sociétaux concernant les pratiques de marketing dans le secteur public et parapublic. La clarification des concepts, la précision dans les définitions des notions et la familiarisation avec les outils utilisés, permet de mieux appréhender le phénomène de marketing territorial (ou place branding) et d'en saisir les tenants et les aboutissants en termes de management.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables de développer un esprit critique face aux pratiques de marketing public en général et territorial en particulier. Cette séance doit aussi leur permettre de prendre connaissance de divers outils utilisés à la fois dans le monde sur la base de la littérature (Toronto, Amsterdam, Lyon, etc.) et en Suisse (image de la Suisse, diplomatie publique et nation branding) à divers niveaux (Grand Genève, Valais, Greater Geneva Bern area), sur la base de travaux réalisés dans la thèse de doctorat en cours.


***Séance N°4 : Regard critique sur les réformes institutionnelles dans les Etats fédéraux : comparaison des réformes en Suisse (RPT) et en Allemagne (Laetitia Mathys)

Les réformes institutionnelles dans les Etats fédéraux cherchent pour la plupart à modifier les relations intergouvernementales afin d'améliorer à terme l'efficacité des services publics. Néanmoins, loin d'être épargnées par les critiques, ces réformes requièrent des ajustements constants et la prise en considération de nombreux facteurs, tels que l'influence du passé sur le fonctionnement des institutions, le type de fédéralisme, les mécanismes de péréquation financière, les instruments contractuels à adopter, le partage des compétences ou encore les oppositions politiques qui freinent la prise de décision. Dès lors, comment est-il possible d'entreprendre de telles réformes ? Il s'agira de mener une analyse théorique et empirique des réformes institutionnelles pour répondre à cette question dans une perspective comparative.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables de procéder à une analyse comparative des types de fédéralisme et des instruments contractuels intergouvernementaux. Cette séance doit leur permettre d'acquérir des outils et des connaissances pour mieux comprendre le fonctionnement institutionnel suisse et son évolution, ainsi que les mécanismes de collaboration institutionnelle et de les comparer avec ceux appliqués en Allemagne.


***Séance N°5 : Etablir l'effet causal de la confiance (Moudo Macina)

Le niveau de confiance qui prévaut au sein d'une société est désormais admis comme étant un facteur fondamental de son essor. La confiance aurait un impact non seulement sur la cohésion sociale et le développement économique en général, mais également sur la capacité à mener à bien les politiques publiques. La manière de mesurer un concept aussi abstrait que la confiance dans ses différentes dimensions comportementales, culturelles et institutionnelles, soulève néanmoins des questions. Par quelles méthodes peut-on démontrer son lien causal avec les différentes variables d'intérêt pour les politiques publiques ? Cette tâche est importante pour informer de la pertinence dans le choix du levier d'intervention publique, pour prévoir ses effets potentiels, et pour guider son évaluation ultérieure. Une application concrète aux politiques publiques de santé comme la décision de vaccination sera présentée et discutée.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables de : 1) comprendre comment sont mesurées les différentes dimensions de la confiance dans la littérature académique, 2) identifier (intuitivement) les principaux problèmes d'endogénéité pouvant compromettre l'établissement d'un lien causal (biais de variables omises, simultanéité et d'erreurs de mesures) et 3) proposer (décrire et argumenter en fonction du problème spécifique) une stratégie d'identification rigoureuse permettant d'isoler un effet causal. Cette séance doit leur permettre d'appliquer cet objectif à des questions concrètes de politique publique de leur choix.


***Séance N°6: Highly politicized values: A critical analysis of the measure of efficiency in public administration (Ramon Christen)

Dans la pratique, le terme « efficience » est souvent utilisé de façon indéterminée dans le cadre des services du secteur public. Le terme anime néanmoins de nombreux débats politiques sans lui attribuer systématiquement de valeur concrète. Ici, la méthode Data Envelopment Analysis (DEA) sera présentée. Elle permet de comparer des institutions diverses et attribue une mesure d'efficience à chacune. Des exemples pratiques dans les cantons suisses seront également présentés. Cependant, cette méthode n'échappe pas à une instrumentalisation potentielle, de sorte que les résultats suggèrent à tort l'objectivité. Il s'agira alors de réfléchir plus globalement à la notion d'efficience et d'entreprendre un effort systématique de définition et de contextualisation.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables d'interroger la méthode DEA et d'évaluer les résultats. Cette séance doit leur permettre d'identifier les informations nécessaires à la mesure de l'efficience, les facteurs contextuels possibles qui expliquent les différences entre cantons suisses, et ainsi de mieux comprendre les réformes engagées dans certains cantons.


Séance N°7 : La création et l'usage d'index et indicateurs - enjeux théoriques, conceptuels et empiriques autour de l'exemple de l'Index d'autonomie locale (Nicolas Keuffer)

La création et l'usage d'indicateurs en général et d'index en particulier sont devenus de plus en plus populaires dans les sciences économiques et sociales, ainsi que dans l'élaboration de politiques publiques. S'agissant de la sphère politico-administrative, cette tendance s'explique notamment par la volonté de fonder davantage les politiques sur des données probantes et de les orienter dans la mesure du possible vers des résultats substantiels. Si, en permettant de réduire la complexité du phénomène observé, les indicateurs sont devenus des outils incontournables d'aide à la décision pour des institutions internationales comme pour les plus petites entités administratives, il n'en demeure pas moins qu'ils sous-tendent un certain nombre d'enjeux théoriques, conceptuels et empiriques. En articulant la théorie sur la construction d'indicateurs et l'exemplification pratique, et en s'appuyant sur la construction de l'Index d'autonomie locale (LAI) développée dans le cadre d'un mandat lancé par la Direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne, cette séance vise à mettre concrètement en évidence les défis, pièges et conséquences d'une telle démarche.

A la fin de cette séance, les étudiant·e·s doivent être capables de comprendre le processus menant au développement d'un indicateur pouvant être mobilisé dans les disciplines liées à l'administration publique et les enjeux sous-jacents à chacune de ses étapes (conceptualisation, mesures empiriques, spécifications techniques, validations, résultats). Ainsi, cette séance doit leur permettre d'une part de questionner les indicateurs lors de leur usage et d'autre part de disposer de connaissances méthodologiques suffisantes pour créer un indicateur.

Evaluation

L'évaluation finale repose sur un projet de recherche développé par l'étudiant·e, pouvant s'inscrire dans la perspective de son travail de master. Dès la seconde séance, 30 à 45 minutes sont dédiées à l'avancement du projet individuel sous forme de workshop (échange avec les autres étudiant·e·s et les doctorant·e·s encadrant le cours). Même si cette exigence n'est pas notée, une participation active des étudiant·e·s est fortement attendue. Lors de la séance conclusive, chaque participant·e devra présenter son projet (qu'il/elle aura soumis au préalable par écrit) et discuter celui d'un·e autre participant·e.

L'évaluation se fait sur la base d'une présentation du projet réalisé (5 à 7 pages comptant pour 50% de la note), la présentation orale de celui-ci (25%) et la discussion de ce projet par un·e ou plusieurs discutant·e·s à la lumière des connaissances acquises dans ce séminaire (25%).

L'évaluation de rattrapage se fait sur la base d'un oral hors session.

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