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Fiche de cours

Linguistique diachronique : Les écritures non alphabétiques de l'Antiquité

Diachronical Linguistics : The ancient non alphabetical writing systems

Faculté de gestion: Faculté des lettres

Responsable(s): Francesca Dell'Oro, Patrick Michel, Antoine Viredaz, Michiel de Vaan
Intervenant(s): -

Période de validité: 2019 -> 2019

Pas d'horaire défini.

Cours-Séminaire

Semestre de printemps
2 heures par semaine
28 heures par semestre

Langue(s) d'enseignement: français
Public: Oui
Crédits: 0

Objectif

Au terme de cet enseignement, les participantes et participants sont en mesure:
- de faire la distinction entre une langue et le ou les systèmes d'écritures utilisés pour la noter;
- de rendre compte de l'incidence d'éléments techniques (nature des supports et des instruments d'écriture) sur la forme et le développement des systèmes d'écriture;
- de décrire les types graphiques de scripts (hiéroglyphiques, cunéiformes, linéaires) existant dans le bassin méditerranéen et le Proche-Orient à époque antique;
- de décrire les types de rapports signes-sons (syllabaires, alphabets, ...) existant dans les systèmes de notation des langues antiques du bassin méditerranéen et du Proche-Orient;
- de décrire les principales étapes dans l'histoire du déchiffrement des écritures non alphabétiques;
- de décrire les principales méthodes employées pour déchiffrer des écritures non alphabétiques.

Contenu

Parmi les systèmes employés pour noter les langues, c'est sans doute l'alphabet qui a connu le succès le plus durable. Depuis ses premières manifestations au 2e millénaire, il a connu de multiples reprises et adaptations qui en ont fait, sous une forme ou sous une autre, le système de notation de nombreuses langues à travers le monde. Mais outre l'alphabet, les cultures de l'Antiquité ont développé bien d'autres moyens de noter leurs langues. Parmi ceux-ci, on peut citer des scripts hiéroglyphiques, cunéiformes et linéaires. La plupart de ces écritures non alphabétiques sont tombées en désuétude dès l'Antiquité. Leur mode de fonctionnement a alors été oublié et, à quelques exception près, le monde de l'Antiquité classique et du Moyen âge a cessé de s'en préoccuper. Il a fallu attendre le 17e s. pour que des voyageurs d'Europe orientale se remettent à étudier les inscriptions cunéiformes de Mésopotamie, et l'extrême fin du 18e s. pour que commencent des travaux sérieux de déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens.
Le but de ce séminaire est en premier lieu de se familiariser avec les méthodes employées par les spécialistes de langues et cultures antiques pour mettre au jour le système de fonctionnement de ces écritures non alphabétiques. Nous nous concentrerons principalement sur trois types d'écriture: les scripts hiéroglyphiques (égyptien), la tradition cunéiforme (sumérien, akkadien, hittite, vieux perse), et les écritures linéaires de l'espace égéen (grec mycénien, diverses écritures non déchiffrées). Nous aborderons également des textes pouvant faire figure de cas limite ou de système hybride: les inscriptions louvites, qui connaissent deux notations concurrentes, l'une hiéroglyphique et l'autre cunéiforme; l'alphabet ougaritique, composé de signes cunéiformes mais fonctionnant sur le système de l'alphabet. À chaque fois, nous tenterons de suivre pas à pas le cheminement logique suivi par les linguistes ou les équipes de scientifiques qui ont accompli le déchiffrement de ces langues, et nous nous confronterons aux textes mêmes qui leur ont servi dans cette entreprise.
Nous serons amenés, en outre, à nous interroger sur les rapports génétiques et historiques entre ces divers systèmes de notation: y a-t-il une parenté entre les signes des différentes écritures hiéroglyphiques? Quelle incidence ont les dimensions techniques (nature du support, instruments d'écriture), sur le développement et la forme des signes? Qu'est-ce qui conduit à l'abandon d'un système d'écriture et à son remplacement par un autre? Parallèlement, nous aurons aussi à réfléchir sur les rapports existant entre types de signes (hiéroglyphique, cunéiforme, etc.) et mode de représentation graphique de la langue (graphème/mot, graphème/syllabe, graphème/son).

Plan des séances
18/02 Introduction: distinction langue/écriture; systèmes de notation des langues dans le monde
25/02 Aspects de l'histoire du Proche-Orient; les systèmes d'écriture du Proche-Orient et du bassin méditerranéen en diachronie
03/03 Conférence de Mme Giuseppina Lenzo (Université de Lausanne): Le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens
10/03 Le déchiffrement du vieux perse
17/03 Lecture d'inscriptions en vieux perse
24/03 Le déchiffrement du hittite
31/03 Lecture d'inscriptions hittites
07/04 Le déchiffrement de l'akkadien
21/04 Conférence de M. Michael Mäder (Université de Berne): Les méthodes computationnelles de déchiffrement
28/04 L'alphabet ougaritique
05/05 Des hiéroglyphes au cunéiformes: le louvite
12/05 Le déchiffrement du mycénien
19/05 Lecture d'inscriptions mycéniennes
26/05 Les écritures non encore déchiffrées

Evaluation

Cet enseignement est évalué par validation mixte. Les personnes souhaitant le valider présentent individuellement ou en groupe un exposé de 25 minutes et rédigent un compte rendu écrit de leur présentation.

Bibliographie

Bartoněk, A. Handbuch des mykenischen Griechisch. Heidelberg : Winter, 2002. Bordreuil P. ; Hawley R. ; Pardee D. « Données nouvelles sur le déchiffrement de l'alphabet et sur les scribes d'Ougarit ». Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 154 (4), 2010 : 1623-1635. Chadwick, J. Le déchiffrement du linéaire B : aux origines de la langue grecque. Paris : Gallimard, 1972 (traduction de Chadwick, J. The decipherment of Linear B. Cambridge : Cambridge University Pr., 1958). Duhoux, Y. ; Morpurgo Davies, A. A companion to Linear B : Mycenaean Greek texts and their world. Louvain-la-Neuve ; Dudley (Mass.) : Peeters, 2008-2014. 2 vol. Hawkins, J. D. - « Scripts and Texts ». Melchert, H. C. (ed.). The Luwians. Leiden : Brill, 2003 : 128-170. Lecoq, P. Les inscriptions de la Perse achéménide. Paris : Gallimard, 1997. Lion, B. ; Michel, C. Jules Oppert et le syllabaire akkadien. Nanterre : [s. n., 2007]. (https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00781407/document) Lion, B. ; Michel, C. (éd.). Les écritures cunéiformes et leur déchiffrement. Paris : De Boccard, 2008. Robinson, A. The man who deciphered linear B : the story of Michael Ventris. London : Thames & Hudson, 2002. Schmitt, R. « Cuneiform Script ». Encyclopaedia Iranica VI 5 : 456-462 (http://www.iranicaonline.org/articles/cuneiform-script). Wachter, R. - « Die Erfindung des Alphabets : ein realistisches Szenario ». Theologische Zeitschrift 74, 2018 : 69-87.

Exigences du cursus d'études

Il est souhaitable que les étudiantes et étudiants qui n'ont pas reçu de formation en latin ou en grec durant leur scolarité aient suivi au moins une année de mise à niveau dans l'une de ces deux langues.

Informations supplémentaires

http://www.unil.ch/sli

Canton de Vaud
Swiss University
Unicentre  -  CH-1015 Lausanne  -  Suisse  -  Tél. +41 21 692 11 11  -  Fax  +41 21 692 26 15