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Fiche de cours

Nicholas Ray

Faculté de gestion: Faculté des lettres

Responsable(s): Benoît Turquety

Période de validité: 2019 -> 2019

Horaires du cours (Hebdomadaire)

Date Lieu Remarque Thématique Intervenant(s)
2019/2020 : Jeudi 08:30-10:00 (Hebdomadaire) Unithèque/4.215     Benoît Turquety

Cours-Séminaire

Semestre de printemps
2 heures par semaine
28 heures par semestre
Hebdomadaire
Langue(s) d'enseignement: français
Public: Oui
Crédits: 0

Contenu

« Si le cinéma n'existait plus, Nicholas Ray, lui seul, donne l'impression de pouvoir le réinventer, et qui plus est, de le vouloir. » (Jean-Luc Godard, Cahiers du cinéma n° 68, février 1957)

Pour les critiques des Cahiers du cinéma, Nicholas Ray a représenté une sorte de cas d'école. Il était l'auteur ultime : celui qui, au sein des contraintes du système hollywoodien, résistait pour imposer une oeuvre personnelle, intime, presque autobiographique, et d'une remarquable intensité. Après avoir travaillé au théâtre ou à la radio, il a mis en place dès THEY LIVE BY NIGHT (Les Amants de la nuit, 1948) des thèmes, des gestuelles, une manière de bousculer les corps et les genres, de cadrer, qui se déploieront ensuite dans ses films les plus connus, JOHNNY GUITAR (1954) et REBEL WITHOUT A CAUSE (la Fureur de vivre, 1955), mais aussi dans IN A LONELY PLACE (le Violent, 1950), ON DANGEROUS GROUND (la Maison dans l'ombre, 1952), BIGGER THAN LIFE (Derrière le miroir, 1956), BITTER VICTORY (Amère victoire, 1957). À chaque fois, le réalisateur y invente des figures masculines et féminines nouvelles, dont James Dean a pu incarner l'une des formes les plus marquantes, et construit une critique de la société de son temps mêlant le politique et l'intime. À ce moment de transition de l'industrie hollywoodienne, il est aussi l'un de ceux qui, travaillant au sein de genres établis (le film noir, le western, le film de guerre, le mélodrame, la comédie musicale) ou en dehors, va pousser à son comble la réflexion sur les possibilités de la couleur et du cadre - notamment par son travail sur le CinemaScope alors tout récemment introduit -, ainsi qu'au renouvellement des formes du jeu d'acteur, notamment à partir de la Méthode de Stanislavski. Ces problématiques se développeront jusqu'au tout dernier film, WE CAN'T GO HOME AGAIN (1976), oeuvre expérimentale à écrans multiples, autobiographie à multiples facettes du professeur de cinéma qu'était devenu Ray.

Mais parallèlement, Ray représente également la limite de la « politique des auteurs » : un grand nombre de ses films ont été remontés, partiellement retournés, achevés par d'autres, trop contrôlés ou hors de contrôle, etc., au point qu'on ne sache plus toujours très bien, dans certains des films qu'il a signés, ce qu'il y a fait exactement. Ces oeuvres hybrides exhibent les mécanismes de contrôle et les conflits d'autorité - avec des producteurs, des acteurs, des scénaristes - qui structurent, à ce moment-là, le système hollywoodien.

À travers l'analyse détaillées de séquences extraites d'un panorama de ses films, ce cours-séminaire vise à proposer un parcours au sein de l'oeuvre du cinéaste et de ses collaboratrices et collaborateurs. Nous en dégagerons les spécificités esthétiques (cadre, jeu, mise en scène), et nous montrerons l'actualité de ses enjeux : interrogation de la violence des rapports de classe et de genre (violence conjugale notamment), des conventions de la féminité et de la masculinité, critique de la civilisation occidentale, de la destruction de la nature, etc.

Evaluation

Ve / Vo
Possibilité de réaliser un travail approfondi
Possibilité de réaliser un examen

Informations supplémentaires

http://www.unil.ch/cin/

Canton de Vaud
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